Rabat-Salé-Kénitra : Un pôle d’attraction économique

La région de Rabat-Salé-Kénitra, dont le conseil prend part aux premières assises nationales de la régionalisation avancée les 20 et 21 décembre à Agadir, dispose d’énormes atouts qui en font un pôle d’attraction économique par excellence et à fort potentiel de développement.

Issue de la fusion des deux anciennes régions Rabat-Salé-Zemmour-Zaer et Gharb-Chrarda-Beni-Hssen, la région de la capitale s’étend sur une superficie de 17.570 Km², soit 2,5% de la superficie totale du Royaume, et compte 4,6 millions d’habitants d’après les résultats du Recensement de la population et de l’habitat (RGPH) de 2014, soit 13,5% de la population nationale.

Elle regroupe désormais trois préfectures, à savoir Rabat, Salé et Skhirat-Témara ainsi que quatre provinces que sont Kénitra, Khémisset, Sidi Kacem et Sidi Slimane.

Des projets d’envergure ont vu le jour, tandis que d’autres ont été lancés dans des domaines multiples, en particulier le programme intégré du développement de la ville de Rabat (2014-2018) « Rabat Ville Lumière, Capitale marocaine de la culture », qui ambitionne la mise à niveau de la capitale dans les secteurs du patrimoine, de la culture, de l’environnement et des équipements sociaux.

Avec une contribution de 15,2% au PIB en 2017, soit 161,9 milliards de dirhams, la région de Rabat-Salé-Kénitra se positionne au 2-ème rang à l’échelle nationale, devancée par Casablanca-Settat, avec 26,5%.

En effet, la préfecture de Rabat compte à elle seule pour 43,1% de la richesse de la région. Cette dernière se hisse également parmi les régions où le PIB par habitant est le plus élevé, occupant ainsi la 4-ème place au niveau national, soit 34.313 DH/habitant, dépassant la moyenne nationale de 30.510 DH/habitant. Dans les autres provinces, le PIB par habitant se situe entre 15.717 dirhams pour la préfecture de Salé et 29.614 dirhams pour la province de Sidi Kacem.

L’économie de la région se distingue par l’importance de la valeur ajoutée provenant du secteur tertiaire, en s’accaparant plus des deux tiers (70,1%) de la valeur ajoutée produite au niveau régional et de 19,6% de la valeur ajoutée du secteur tertiaire au plan national. Les activités secondaires représentent la deuxième locomotive économique de la région en contribuant à hauteur de 17,1% à la valeur ajoutée de la région, mais ne contribuant que de 9,3% à la valeur ajoutée du secteur secondaire au niveau national.

L’investissement des établissement publics (EEP) constitue une véritable locomotive pour le développement économique et social de la région. Ainsi un montant d’investissement des EEP de 16,8 milliards de dirhams a été prévu pour 2019, soit 17% des investissements programmés par ces entreprises au niveau national.

S’agissant du secteur agricole, l’État marocain a mobilisé sur la période de 2004-2016 plus de 104.050 ha afin d’appuyer 722 projets, pour un investissement de près de 20,3 milliards de dirhams.

Côté enseignement, la région est dotée d’une vocation universitaire bien établie, d’autant plus qu’elle figure parmi les régions dont le nombre d’années de scolarisation est le plus élevé (6.35 années, contre 5.64 années au niveau national) et dont le niveau d’inégalité d’accès à la scolarisation est parmi les plus faibles (0,49 contre 0,55 au niveau national).

Rabat-Salé-Kénitra est, par ailleurs, connue pour ses importantes richesses forestières, avec 20% du territoire régional. Elle est couverte de forêts, soit environ 349.789 ha en 2016. Le taux de couverture forestière diffère selon les préfectures et provinces : Skhirat-Témara, Salé et Khémisset affichent simultanément les taux les plus élevés de 60%, 38% et 30% respectivement.

En outre, la proportion de la population ayant accès à l’eau potable a atteint 72,9% dans la région de Rabat-Salé-Kénitra et demeure conforme à la moyenne nationale (73%). Les préfectures de Rabat, Salé et Skhirate-Témara sont les mieux loties avec des taux respectifs qui s’élèvent à 94%, 89% et 75,7%, suivies des provinces de Sidi Kacem (53,2%), Khémisset (58,2%), Kénitra (58,9%) et Sidi Slimane (63,7%).

Quant au taux d’accès à l’électricité, il s’est établi à 90,4%, contre 91,6% au niveau national, sachant que les résultats inter-provinciaux oscillent entre 77,6% à Khémisset et 95,1% au niveau de la préfecture de Rabat.

Les premières assises nationales de la Régionalisation avancée s’articuleront autour de sujets relatifs au développement régional intégré entre les impératifs de la réduction des disparités territoriales, les enjeux de la compétitivité et l’attraction de l’investissement, la gouvernance financière et les problématiques de financement des régions entre enjeux et perspectives, la déconcentration et la contractualisation, en s’arrêtant notamment sur les piliers d’une bonne gouvernance de l’action publique territoriale.

Elles aborderont, en outre, des thématiques ayant attrait aux compétences des régions comme enjeu au cœur du processus de la régionalisation avancée, à la démocratie participative comme levier pour une mise en œuvre participative de la régionalisation avancée, ou encore l’administration régionale, vers un nouveau modèle de management.

Cette rencontre nationale connait la participation, outre les départements ministériels, des présidents de la Chambre des représentants et des conseillers, des élus locaux et régionaux, de parlementaires, de représentants des associations des collectivités territoriales, des instances consultatives créées auprès des conseils des régions, des centres régionaux d’investissement, des représentants des établissements publics, des universitaires, des experts nationaux et internationaux des partenaires internationaux, ainsi que des acteurs des secteurs public et privé.