Rabat à l’heure du 13e congrès de l’Union des architectes d’Afrique

Les travaux de la 13ème édition du congrès de l’Union des architectes d’Afrique (AUA) se sont ouverts, lundi à Rabat, en présence de plus de 40 experts et responsables des différents pays du continent.

Cet évènement de deux jours, initié par le Conseil national de l’Ordre des architectes du Maroc (CNOA) sous le thème « l’architecte et les nouveaux défis de l’Afrique », en partenariat avec le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, met l’accent sur les enjeux du secteur de l’architecture et les moyens de les relever.

Il s’agit des défis d’ordre environnemental, écologique, urbain et architectural, identitaire, culturel et socio-politique, dixit les organisateurs. L’architecture se trouve non seulement au cœur de ces enjeux, mais elle en constitue le reflet, puisqu’elle traduit l’évolution, les mutations et la richesse de tout un continent, précise-t-on.

A cette occasion, la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri, a indiqué que son département, pour accompagner, anticiper et tirer profit de l’urbanisation, a opté pour une planification urbaine renouvelée, anticipative et prospective d’échelles différenciées basée sur des règles hiérarchiques de subordination.

« Le ministère est aujourd’hui en phase de mettre en place une politique urbaine rénovée centrée sur le bien-être du citoyen, sur la qualité du cadre de vie, sur l’inclusion socio-économique, la résilience et la durabilité urbaine, dans un contexte de relance post-Covid » a-t-elle dit dans une allocution lue en son nom par le secrétaire général du ministère, Abdellatif Nahli.

Et de poursuivre que cette politique urbaine exige de façon prioritaire la révision du système de planification territorial à travers i) la mise en place d’une nouvelle génération de documents d’urbanisme.

Ce rendez-vous est également l’occasion de renouveler notre volonté d’accompagner les changements induits par les différentes mutations enregistrées dans tous les domaines sociétaux, économiques, environnementaux et politiques à l’échelle africaine, et de participer au positionnement des architectes dans leurs rapports avec la société et leurs environnements régional, international et plus particulièrement africain, a-t-elle soutenu.

S’exprimant à cette occasion, le président du CNOA, Chakib Benabdellah a affirmé que le choix du Maroc comme pays organisateur du congrès émane de son engagement et son enracinement réel et concret en Afrique à travers sa position géographique, ses investissements socioéconomiques et ses réalisations dans divers domaines stratégiques, notant que « Notre ambition est de faire de l’architecte africain un acteur incontournable et engagé pour l’émergence et le développement de l’Afrique ».

M. Benabdellah a proposé, à cette occasion, la création de l’Observatoire Africain de l’Architecture, comme espace de réflexion, d’échange et de valorisation de nombreuses initiatives entreprises au sein du continent pour une architecture moderne et plus forte.

Pour sa part, Victor Miguel, président de l’Union des Architectes d’Afrique (AUA), a souligné le rôle des architectes dans la réalisation du bien-être des citoyens, en contribuant à construire un meilleur cadre de vie et en assurant un environnement meilleur et plus qualitatif qui réponde aux normes sanitaires, insistant sur la nécessité de mettre l’architecture au service du citoyen.

A cet égard, le président de l’AUA a mis en avant le potentiel énergétique inégalé, de l’Afrique, notamment la capacité “de plus en plus évidente” du continent à développer les énergies renouvelables, en plus de son potentiel hydraulique et éolien.

Les autres interventions ont mis l’accent les mutations socio-spatiales importantes en Afrique, dues à l’accroissement rapide de sa population, et ce processus d’urbanisation, à la fois rapide et récent, doit interpeller les architectes-urbanistes, puisqu’il est perceptible et palpable à travers des dynamiques d’étalement urbain qui génèrent des défis majeurs pour les aires métropolitaines en Afrique (épuisement des ressources naturelles, prolifération de l’habitat non réglementaire, dévalorisation du cadre bâti, marginalisation d’une partie de la population urbaine…).

La rencontre a été l’occasion d’examiner les moyens à même de conserver et mettre en valeur les richesses patrimoniales et identitaires des villes africaines face aux défis environnementaux, écologiques, sociologiques, démographiques et urbanistiques majeurs que connaît le continent, de débattre les enjeux de la métropolisation dans les pays Africains, de discuter des nouvelles orientations pour les politiques publiques et la gouvernance urbaine, et de se pencher sur les défis énergétiques pour une Afrique résiliente.

Pour ce faire, plusieurs conférenciers, universitaires, militants, architectes et hommes politiques prendront part, dans le cadre de ce congrès de l’U, à quatre panels, autour de thématiques relatives aux “enjeux et conséquences de la métropolisation dans les pays Africains”, les “enjeux Écologiques et le développement durable en Afrique”, les “enjeux d’un continent entre patrimoine architectural et ultra-modernité” et “les politiques publiques et la gouvernance urbaine en Afrique”.

L’AUA a été fondée en 1981 au Nigeria. De 23 pays au départ, l’Union compte désormais 43 pays membres et 70.000 architectes à travers le continent, soit un architecte pour 17.000 africains.