L’or bleu, une question de planification

Propos recueillis par Hakim ENNADI

La gestion de la problématique de pénurie d’eau exige un travail de planification à même d’anticiper les risques liés aux ressources hydriques, a affirmé le directeur de l’Agence du Bassin hydraulique du Bouregreg et de la Chaouia, Abdelaaziz Zerouali.

En effet, le Maroc qui a entamé ses premiers plans directeurs il y a déjà 40 ans, a développé un savoir-faire important non seulement en matière de construction des barrages, mais aussi au niveau de la planification qui a commencé dès le début des années 1980, a souligné M. Zerouali dans un entretien à la MAP.

Ce travail de planification est l’une des missions principales des agences de bassins hydrauliques, a-t-il expliqué, relevant que celles-ci sont tenues d’évaluer la demande en eau pour les 30 années à venir afin d’en trouver les solutions adéquates. Dans ce sens, l’exemple de la station de dessalement prévue à Casablanca est selon lui un modèle en matière d’anticipation.

La métropole a un besoin urgent en ressources hydriques complémentaires car sa saturation est prévue avant 2027. Alors que toutes les ressources du bassin du Bouregreg et de la Chaouia sont mobilisées, il n’y avait d’autre alternative que le dessalement d’eau de mer, d’où la création d’une grande station de dessalement d’une capacité de 300 millions de m3 par an.

Au Maroc, la part d’eau par habitant et par an est d’environ 730m3, une situation qui reflète une pénurie chronique, a-t-il souligné, indiquant qu’au niveau du bassin de Bouregreg-Chaouia qui couvre plus de 20.000 km2 et abrite environ 8 millions d’habitants, la part d’eau par habitant et par an est d’à peine 106m3.

Si les habitants des trois régions relevant de l’agence ne souffrent pas de coupures d’eau, c’est grâce aux solutions novatrices de l’ABHBC et des autorités concernées.

A la faveur d’un effort de gestion et de planification d’une manière anticipative, la problématique d’eau potable n’est pas ressentie au niveau du bassin malgré une urbanisation accrue, s’est-il félicité.

En plus de la réalisation de barrages et de stations d’épuration ou de dessalement, a poursuivi le directeur, la philosophie d’anticipation au niveau de l’agence se décline aussi en une série de projets et de programmes.

En effet, dans le cadre de la lutte contre les risques d’inondations, un simulateur de pluie sera mis en place par l’agence au niveau des zones dotées de stations de mesure pour générer virtuellement un débit et anticiper l’étendue ou les débordements éventuels des cours d’eau.

Il s’agit donc d’un bulletin hydro-météorologique qui permettra de prévenir les risques d’inondabilité, a-t-il expliqué, évoquant dans le même sens les Plans de protection régionale contre les inondations (PPRI), exigés par la loi 36-15 relative à l’eau, et qui seront mis à la disposition des agences urbaines et des communes.

Ces PPRI aideront, selon lui, à prévoir les points noirs, les aléas et les enjeux (écoles, stades, souks..), pour une meilleure délimitation des zones exposées aux risques.

Aux yeux de M. Zerouali, la problématique de l’eau ne doit pas constituer un frein au développement économique, d’où il est nécessaire de redoubler d’efforts durant la période 2020-2027. C’est dans cette optique que le Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation (PNAEPI) 2020-2027, a été préparé et présenté à Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Janvier 2020, a-t-il conclu.