Le législateur confère à la MAP de nouvelles missions qui la prédisposent à devenir l’axe central du « pôle public » (Chercheur)

La loi 02-15 relative à la réorganisation de l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) a conféré à l’Agence de nouvelles missions qui la prédisposent à devenir l’axe central du « pôle public », qui se compose également de la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) et de la SOERAD-2M, a affirmé le professeur chercheur, Saïd Tammame.

Dans un article publié dans le cadre de l’ouvrage collectif intitulé « L’Institution monarchique et la réforme politique et constitutionnelle », M. Tammame, également chercheur doctorant à la Faculté des sciences juridiques et politiques à Mohammedia, a souligné que si la modernisation ayant marqué le contenu de la MAP a été palpable essentiellement après l’année 2011, le nouveau modèle de l’Agence, lui, sera plus en vue après l’entrée en vigueur, en avril 2018, de la loi 02-15.

Cette loi, a-t-il poursuivi, a conféré à l’Agence de nouvelles missions qui la prédestinent à devenir l’axe central du « pôle public », composé également de la SNRT et de la SOREAD-2M.

Dans ce sens, il a expliqué que l’expression « pôle public » que les chercheurs, les journalistes et les acteurs, tous horizons confondus, dont la Cour des Comptes, avaient l’habitude d’utiliser pour faire uniquement référence aux sociétés nationales de la communication audio-visuelle (SNRT et 2M) sans mentionner la MAP, ne trouve aucune base dans la législation marocaine en vigueur relative aux médias. « Il s’agit d’une description imprécise si elle n’englobe pas aussi l’Agence », a-t-il estimé.

Et le chercheur universitaire de faire remarquer que parmi les principales missions traduisant la volonté du législateur de moderniser les fonctions assumées par l’Agence au service de l’État, en vue d’accompagner le développement technologique et de conforter sa compétitivité dans l’espace de l’information et de la communication sous ses différents aspects, il y a lieu de citer l’alinéa 2 de l’article 4 de ladite loi, qui stipule que l’Agence est habilitée à offrir un service de transmission par satellite, et au moyen de tout procédé assimilé à cette technique, ajoutant que cette mission a été immédiatement traduite dans les faits, à travers le lancement de la chaîne d’information en continu « M24 » et de la Radio de l’information marocaine « RIM Radio » sur le web.

M. Tammame a, toutefois, fait observer qu’abstraction faite du statut juridique de ces deux services, télévisuel et radiophonique, notamment la chaîne de télévision diffusée par satellite, du point de vue de sa soumission aux dispositions de la loi sur la communication audiovisuelle qui ne la place pas parmi les sociétés de l’audiovisuel public pour qu’elle soit régie par les mesures relatives à l’élaboration des cahiers des charges conformément à l’article 49 de la loi 03.77 et soumis au contrôle de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), notamment en ce qui concerne les mesures de pluralisme, cette transformation institutionnelle « pourrait-être une sorte de préparation d’une 3è vague de réforme globale du secteur de l’information et de la communication ».

Et de souligner, à cet égard, que cette transformation institutionnelle « ne doit pas être entravée par la rigueur des dispositions prévues par la législation en vigueur, d’autant que celle-ci, qui promeut la libre initiative, est tenue de renforcer et de soutenir les principes du service public dont les responsables en charge doivent, en parallèle avec leur adoption d’une stratégie de communication moderne, jeter les bases d’un travail médiatique responsable et crédible, à même de favoriser la corrélation entre le souci de la sécurité médiatique et la responsabilité sociale.

Rappelant la législation régissant la MAP, le chercheur a indiqué qu’elle était, jusqu’en 2018, la plus ancienne de l’arsenal juridique réglementant les médias publics, ajoutant qu’elle n’a fait l’objet d’aucun amendement depuis 1977 en dépit de la modernisation du contenu de l’Agence, que ce soit sur le plan quantitatif, en termes du nombre de dépêches, ou qualitatif en termes des genres journalistiques, en plus de l’ouverture remarquable de l’Agence sur son environnement extérieur, à la faveur de la nature des activités rayonnantes que la MAP réalise désormais avec le concours de partenaires médiatiques et sociétaux de différents horizons, sans oublier la nette amélioration du portail électronique de l’Agence et le renforcement de sa présence sur le marché de l’édition, à travers des publications sous forme de livres.

Publié aux éditions de « Dar Al Afak Al Maghribia » dans le cadre de la série « Afak », l’ouvrage collectif, dont fait partie cet article et plusieurs autres, présente des études analytiques de 21 ans du règne de SM le Roi Mohammed VI.

Édité en 2021, cet ouvrage se veut une contribution scientifique reflétant les lectures de jeunes chercheurs qui ont constaté, de manière pratique, les différentes réformes qu’a connues le Royaume du Maroc sous le règne de SM le Roi Mohammed VI depuis 1999.

Cet ouvrage de 482 pages (format moyen) comprend six axes traitant de plusieurs sujets : « La réforme du champ religieux sous le règne de SM le Roi Mohammed VI et la consécration de la philosophie de la tolérance et de la coexistence identitaire », « La Monarchie et la réforme politique et constitutionnelle », « La Monarchie et la réforme sécuritaire », « La Monarchie, de multiples étapes de réformes et la garantie de la continuité institutionnelle », « L’Attention Royale accordée aux questions du développement, à la dimension des droits de l’Homme et au genre social », et « La diplomatie Royale entre la gestion des questions de l’intégrité territoriale, de la migration et de l’édification démocratique ».

Le comité scientifique ayant contribué à cette nouvelle publication est composé de MM. Mohamed El Ghali, professeur des sciences politiques et du droit constitutionnel et directeur du laboratoire des recherches juridiques et d’analyse des politiques (Université Cadi Ayyad de Marrakech), Mohamed Outaleb, professeur de l’enseignement supérieur et membre du laboratoire de la gouvernance et du développement durable (Université Hassan Ier de Settat), Abderrahman Chahchi, professeur de l’enseignement supérieur et directeur du laboratoire de la gouvernance et du développement durable (Université Hassan Ier), Zakariya Aqnouch, docteur en droit public et sciences politiques, et Hicham Khalfadir, professeur assistant en droit public et sciences politiques à la faculté des sciences juridiques et politiques (Université Cadi Ayyad).