La mise en place de l’IFMA, un coup de pouce à l’alphabétisation (séminaire)

La mise en place de l’Institut de formation aux métiers de l’alphabétisation (IFMA) apporte un apport considérable aux efforts de lutte contre l’analphabétisme au Maroc, ont affirmé les participants au 1-er Séminaire accompagnant la réalisation de ce projet, tenu mardi à Rabat.

L’IFMA, qui s’articule sur quatre métiers, à savoir alphabétiseurs, encadrants des alphabétiseurs, formateurs des alphabétiseurs et des encadrants et enfin managers, servira en effet à professionnaliser ces métiers intervenant dans la chaîne de valeurs de la politique d’alphabétisation des adultes, ont souligné les intervenants à ce séminaire, qui a été animé par des experts nationaux et internationaux en la matière.

Porté par l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisme (ANCLA) et mis en œuvre par le bureau de l’UNESCO pour le Maghreb, ce projet, bénéficiant du financement de l’Union européenne, est opéré à travers deux grandes phases, à savoir celle de développement et de mise en place du dispositif et celle d’expérimentation et de capitalisation au niveau des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Beni Mellal-Khénifra, en vue de la généralisation aux autres régions du Royaume.

Conçu pour être une plateforme de formation hybride pour le développement des compétences, l’IFMA est destiné à offrir une réponse pérenne au besoin structurel de qualification et de professionnalisation de tous les métiers de la chaine de valeurs de l’alphabétisation.

« L’IFMA va permettre de mettre en place une solution adaptée de qualité pour renforcer le parcours et la professionnalisation de tout ceux qui œuvrent à l’alphabétisation au Maroc », a déclaré à la MAP Hélène Guiol, responsable du programme Education, au Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb.

L’analphabétisme reste « un problème crucial qui a été accru malgré les progrès enregistrés depuis les années 1960 et qui a été mis en évidence avec la pandémie, en termes de qualité et d’accès à la connectivité et aux infrastructures numériques », a-t-elle considéré.

Mme Guiol a indiqué, dans ce sens, que l’alphabétisation n’est pas seulement une affaire étatique et qu’elle nécessite la participation de toute la société dans cet effort, notant que ce projet va permettre une institutionnalisation de la fonction de l’alphabétiseur.

Dans le même sillage, le directeur de l’ANLCA, Abdessamih Mahmoud, a fait savoir que la question de la formation est au centre de ce séminaire, organisé pour partager le projet de l’IFMA avec les partenaires de l’Agence.

« Au niveau de l’alphabétisation, nous sommes appelés à fournir un produit de qualité pour les apprenants », a-t-il dit, affirmant que la formation est la meilleure solution pour répondre à cette grande question.

Par ailleurs, les interventions à ce séminaire ont plaidé pour l’adhésion de toutes les parties prenantes à tous les niveaux, y compris les associations partenaires, afin de réussir ce projet prometteur et faire de la formation la clé de voûte pour l’aboutissement des objectifs escomptés.

Tenue à l’initiative du bureau de l’UNESCO, en partenariat avec l’ANLCA et avec l’appui de la délégation de l’Union européenne, ce séminaire a été aussi l’occasion d’engager un échange constructif autour de la mise en œuvre des grandes composantes du projet sur la base d’une approche participative, en plus de communiquer autour de cette initiative pour une meilleure adhésion et mobilisation des acteurs concernés.

Cette rencontre a rassemblé des représentants de certains départements concernés (Éducation nationale, Affaires étrangères et Enseignement supérieur), d’organismes onusiens et de l’UE, aux côtés de chercheurs et d’académiciens spécialisés.