La lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent au menu d’une conférence internationale à Rabat

Les travaux de la 2è Conférence internationale sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent se sont ouverts, mercredi à Rabat, en présence d’un parterre d’experts, d’universitaires et de chercheurs marocains et étrangers.

Ce conclave de trois jours organisé conjointement par l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO) et l’Observatoire marocain sur l’extrémisme et la violence (OMEV), en partenariat avec la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), la Rabita Mohammedia des Oulémas et le Policy Center for the New South (PCNS), vise à débattre des mécanismes de lutte contre les menaces terroristes dans toutes ses dimensions, et évaluer l’efficacité de la coordination régionale et internationale dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

Placée sous le signe « L’intelligence collective dans la lutte contre le terrorisme et l’élaboration de stratégies de lutte et de prévention contre l’extrémisme violent », cette conférence entend permettre aux experts et chercheurs d’échanger des idées innovantes, dans la foulée des nouveaux défis liés à l’extrémisme violent, ainsi que de développer des approches basées sur l’intelligence collective, à même d’assurer la paix mondiale et renforcer les efforts déployés notamment pour le développement durable dans les pays du Sud.

Intervenant à cette occasion, le président de l’OMEV, El Mostafa Rezrazi, a estimé que le choix de ce thème s’inscrit dans le cadre de plusieurs mesures adoptées en matière de lutte contre le terrorisme, notamment la première résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur les attaques du 11 septembre à Washington, ainsi que la création du Forum mondial de lutte contre le terrorisme.

« Le Royaume est décidé de forger les liens de coopération en matière de sécurité », a dit cet éminent chercheur au sein du PCNS, ajoutant que cette conviction se confirme par la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, tout en mettant en avant le plein engagement du Maroc en la matière, avec des pays occidentaux, africains, arabes et asiatiques.

« Il existe encore des lacunes quant aux actions internationales de lutte contre le terrorisme, et ce en dépit des efforts consentis « , a-t-il fait observer, faisant état d’une nouvelle génération de stratégies de lutte, axée notamment sur l’intelligence sociale et l’action collective.

Le Directeur général de l’ICESCO, Salem Bin Mohammed Al Malik a indiqué de son côté que « l’intelligence collective dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent constitue à la fois un moyen et une fin pour prospecter l’avenir ».

En s’appuyant sur la perspective de la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme dans le cadre d’un partenariat fructueux, l’ICESCO entend faire de ses compétences éducatives, scientifiques et culturelles des plates-formes vitales qui produisent des idées et des plans efficaces en vue d’affronter les courants de l’extrémisme.

De son côté, le Coordonnateur de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, Abdelouahed Jamali Idrissi, a fait savoir que la Fondation a mis en place des ateliers de réinsertion, pour faire face au phénomène de l’extrémisme.

Dans ce sens, il a noté que la Fondation mène de nombreux programmes au sein des espaces pénitentiaires axés notamment sur la réinsertion des détenus, et ce en coordination avec la DGAPR et d’autres partenaires.

Pour le président du Centre d’études et de recherches sur les valeurs auprès de la Rabita Mohammedia des Oulémas, Mohamed Belkebir, le choix du thème de l’extrémisme a une signification qui se place dans la continuité, notant que l’intelligence collective découle principalement d’un ensemble d’idées représentées dans la conscience collective.

Le traitement de l’extrémisme violent devra se faire dans le cadre de stratégies et d’approches efficaces et intelligentes pour faire face à ce fléau, a-t-il argué.

Au menu de cette rencontre, plusieurs thématiques seront abordées notamment les programmes de déradicalisation, la réhabilitation et la réinsertion dans les établissements pénitentiaires, les nouvelles exigences en matière de lutte contre l’extrémisme, ainsi que l’élaboration d’un cadre de coopération internationale en matière d’application de la loi et de la gestion des renseignements et la criminalistique.